Première évolution : le nombre de médecins progresse
Au 1er janvier 2026, il y avait 245 847 médecins inscrits comme étant en activité, tous modes d’exercice confondus, salariés et libéraux, au Tableau de l’Ordre des médecins.
Comparativement au 1er janvier 2025, cela correspond à une augmentation relative de 1,9 % du nombre des médecins en activité. Dans sa présentation, le CNOM en conclu que la baisse du nombre des médecins est désormais derrière nous. Plus encore, le CNOM indique qu’à l’horizon 2040, une hausse de l’ordre de 40% des médecins fait désormais consensus. Il faut donc s’attendre à un nombre de médecins en activité de l’ordre de 344 000 à l’horizon 2040, chiffre jamais atteint.
En parallèle, d’après les données INSEE, la population française actuelle est de 68,6 millions d’habitants et elle ne progresse que très faiblement : elle devrait atteindre un pic de 70 millions d’habitants en 2040, soit une hausse relative de 2 %, puis ensuite décroitre.
Plusieurs questions émergent : va-t-on vers un excès de médecins dans 15 ans ? La demande progressera-t-elle encore avec le vieillissement de la population ? L’augmentation du nombre de médecins permettra-t-il de corriger les inégalités territoriales flagrantes ? Le financement du système de soins sera-t-il soutenable ?
Deuxième évolution : le profil des médecins se modifie
Plusieurs tendances des dernières années se confirment:
- L’activité salariée devient prédominante. Elle continue de progresser et représente le premier mode d’exercice des médecins en activité : 47 % des effectifs pour 41,6 % en exercice libéral exclusif et 11,4% en activité mixte ;
- La profession rajeunit. L’âge moyen des médecins en activité est devenu inférieur à 50 ans (49,9 ans) en 2025 pour une valeur de 53 ans en 2015 ;
- La part des femmes est majoritaire. Pour la première fois, les femmes sont majoritaires parmi les médecins en activité : elles représentent 50,5 % des effectifs en 2026, contre 40,1 % en 2010 et, parmi les jeunes générations, les femmes sont très largement majoritaires (mais pas encore en cardiologie où chez les cardiologues de moins de 40 ans, 60 % sont des hommes) ;
- La part des médecins à diplômes étrangers augmente progressivement. Ils sont désormais 14,2 % des médecins inscrits au Tableau de l’Ordre, pour un taux de 9,7 % en 2015.
Troisième évolution : le nombre de cardiologue augmente
Le tableau suivant rend compte des chiffres absolus et relatifs en mode d’exercice et en progression en 1 an, de l’exercice cardiologique en France au 1er janvier 2026.
| Cardiologues en 2025 | Nombre absolu (au 1er janvier 2026) | Part relative | Croissance de N par rapport à 2024 |
|---|---|---|---|
| Total | 6 412 | 2,13% | |
| Libéraux | 2 849 | 44,43% | 1,02% |
| Mixtes | 1 541 | 24,03% | 0,12% |
| Salariés | 2 022 | 31,53% | 5,36% |
Les tendances sont simples : le nombre de cardiologues a augmenté de 2,13 % entre 2024 et 2025, et ce, essentiellement du fait d’une progression de 5,36 % des cardiologues en exercice salarié exclusif.
Ce chiffre global masque deux problèmes persistants :
- si la densité moyenne pour la France entière est de 7,8 cardiologues pour 100 000 habitants et celle de la France métropolitaine de 7,97 pour 100 000 habitants, il y a une très forte inégalité de répartition territoriale des cardiologues avec 21 départements dont la densité cardiologique est comprise entre 1,7 et 5,6 pour 100 000 habitants et 17 départements où elle est comprise entre 10,6 et 23,4 pour 100 000 habitants ;
- il y a par ailleurs eu de très importants écarts d’évolution de la densité des cardiologues entre 2010 et 2026 selon les régions. Ainsi, la densité a chuté 66,7 % en Lozère passant de 7,8 à 2,6 pour 100 000 et il y a eu une progression de 121,4 % dans le territoire de Belfort, passant de 4,2 à 9,3 pour 100 000 et de 247,1 % en Guyanne, passant de 1,7 à 5,9 pour 100 000. Les écarts de densité en 2026 vont de 23,4 pour 100 000 à Paris à 2,6 pour 100 000 en Lozère.

