Notre Syndicat, en coordination avec le Conseil national professionnel-cardiovasculaire, s’est engagé dans la voie de l’évaluation et de la mise en pratique la pertinence des actes de cardiologie.
Un sujet difficile à plusieurs égards
Parler de pertinence pourrait laisser penser que les cardiologues, ou que certains cardiologues, n’utilisent pas à bon escient les délais de consultation et les examens complémentaires. Sans aucun procès d’intention, force est cependant de le constater à travers au moins deux données. L’une est objective, il y a quasiment autant d’échocardiographies (5 462 657 en 2024) remboursées par la CCAM que d’électrocardiogrammes (5 611 375 en 2024), l’autre est subjective, car nous avons tous connaissance d’échocardiographies répétées à intervalles réguliers, parfois courts, chez des patients ne le justifiant a priori pas (suivi d’HTA non compliquée, acte systématiquement intégré dans la consultation y compris de suivi simple…)
Parler de pertinence justifie par ailleurs de la définir et de juger quel acte est le mieux adapté dans une situation clinique donnée, sachant que chaque situation est particulière et prend en compte les connaissances et valeurs, tant du patient que du médecin et les possibilités logistiques locales. Il est toutefois possible de déterminer que certains actes, eu égard à l’évolution des données scientifiques, ne sont pas pertinents, telles la pratique d’une épreuve d’effort voire la recherche d’une ischémie myocardique dans le suivi régulier d’un coronarien stable ou la pratique d’une coronarographie en cas de probabilité prétest de maladie coronaire faible à intermédiaire.
Un risque et un cercle vicieux
De telles pratiques n’améliorent pas la qualité des soins, constituent un gaspillage de temps et d’argent et peuvent conduire à des risques non justifiés pour le patient.
De plus, elles exposent, par la surconsommation objective d’actes à des décotes de ces actes. Et donc, si l’objectif était de garantir un chiffre d’affaires, ces pratiques exposent à une fuite en avant pour multiplier encore plus les actes et diminuer encore plus la pertinence.
Pertinence égale défense de la pratique
Dès lors, s’engager dans l’évaluation de la pertinence des actes, proposer des référentiels concernant plusieurs actes et appliquer ces référentiels est une démarche qui contribue à défendre la pratique médicale et à en garantir la juste rémunération.
Si le Syndicat s’engage dans la voie de la définition et de l’application de la pertinence des actes, parce qu’il est constitué de cardiologues et, comme tout cardiologue, c’est pour défendre la pratique de la cardiologie, sa valeur intrinsèque, tout autant que sa juste rémunération.

